La gonarthrose interne bilatérale désigne une arthrose située dans le compartiment interne, ou médial, des deux genoux. En termes simples, la gonarthrose correspond à une arthrose du genou, la forme interne touche la partie située vers l’intérieur de l’articulation, et le terme bilatérale signifie que les deux genoux sont concernés.
Cette expression décrit donc une localisation et une atteinte des deux côtés, mais elle ne permet pas, à elle seule, de connaître la gravité de l’arthrose ni le traitement adapté. Une radiographie peut montrer un pincement de l’espace articulaire ou une usure du cartilage, mais l’importance des douleurs n’est pas toujours proportionnelle aux images observées. Certaines personnes ressentent surtout une douleur à la marche, dans les escaliers ou après une période assise, tandis que d’autres présentent également une raideur, des craquements, une gêne pour s’accroupir ou une sensation de dérobement.
L’origine peut être liée à plusieurs facteurs, comme l’âge, une surcharge du compartiment interne, le surpoids, des traumatismes anciens ou des contraintes répétées. Le diagnostic repose sur l’examen médical, l’écoute des symptômes et, si nécessaire, un bilan radiologique. La prise en charge peut associer activité adaptée, exercices de renforcement, rééducation, contrôle du poids, traitements contre la douleur et, dans certaines situations, infiltration ou intervention chirurgicale. Une consultation est recommandée si la douleur persiste, limite vos déplacements, réveille la nuit ou s’accompagne d’un gonflement important. Découvrons maintenant les symptômes, les causes, le diagnostic, les solutions possibles et le moment où il faut consulter.
Points clés
- La gonarthrose interne bilatérale est une arthrose qui touche principalement la partie interne des deux genoux.
- Elle peut provoquer des douleurs à la marche, dans les escaliers, après une période assise ou pendant certaines activités.
- Le diagnostic associe l’examen médical, l’analyse des symptômes et, si nécessaire, une radiographie.
- La prise en charge vise à réduire la douleur et préserver la mobilité grâce à l’activité adaptée, la kinésithérapie et, selon les cas, des médicaments ou des infiltrations.
- Une prothèse est réservée aux formes très évoluées, lorsque la gêne reste importante malgré un traitement bien conduit.
Que veut dire exactement une gonarthrose interne bilatérale ?
Cette expression médicale décrit une arthrose du genou située dans le compartiment interne des deux genoux. La gonarthrose est l’arthrose de l’articulation du genou, tandis que « interne » précise la zone concernée et « bilatérale » indique que les deux côtés sont atteints.
On parle aussi de gonarthrose fémoro-tibiale interne bilatérale, car l’usure se trouve entre le fémur et le tibia, sur leur côté médial. Dans certains comptes rendus, le médecin peut employer le terme d’arthrose unicompartimentale lorsque l’atteinte concerne principalement un seul compartiment de chaque genou. Cette formulation ne signifie pas forcément que les deux genoux sont touchés avec la même intensité.
Où se trouve le compartiment interne du genou ?
Le genou relie l’extrémité inférieure du fémur, l’os de la cuisse, à l’extrémité supérieure du tibia, l’os situé dans la jambe. Entre ces deux os se trouve une fine couche de cartilage, qui facilite les mouvements et aide à répartir les charges lorsque vous marchez, montez les escaliers ou vous relevez d’une chaise.
Chaque genou possède une partie externe et une partie interne. Le compartiment interne, aussi appelé compartiment médial, se trouve du côté qui regarde l’autre jambe. Il correspond à la zone située entre le condyle interne du fémur et le plateau interne du tibia.
Sur une radiographie, l’espace visible entre ces deux os s’appelle l’interligne articulaire. Il ne s’agit pas d’un véritable vide, mais de l’espace occupé en grande partie par le cartilage, invisible directement sur une radiographie. Lorsque ce cartilage s’amincit, l’interligne paraît plus étroit.
L’usure du compartiment interne peut alors provoquer une douleur localisée sur la face interne du genou, parfois près de la ligne articulaire. Cette douleur apparaît souvent pendant la marche, dans les escaliers, lors d’un effort prolongé ou après être resté longtemps debout. Elle peut aussi s’accompagner d’une raideur, d’une gêne pour plier le genou ou d’une sensibilité lorsque vous appuyez sur cette zone.
Il ne faut toutefois pas confondre cette atteinte avec l’arthrose fémoro-patellaire. Cette dernière concerne l’articulation entre la rotule et le fémur, et provoque plus volontiers une douleur à l’avant du genou, notamment en descendant les escaliers ou après une position assise prolongée.
Que signifie le mot bilatérale sur un compte rendu ?
Sur un compte rendu, bilatérale signifie que les deux genoux présentent des signes d’arthrose. Le terme ne précise pas automatiquement si l’atteinte est légère, modérée ou avancée d’un côté comme de l’autre.
Par exemple, une radiographie peut mentionner :
- « Gonarthrose fémoro-tibiale interne bilatérale. »
- « Pincement de l’interligne fémoro-tibial interne, plus marqué à droite. »
- « Remaniements dégénératifs internes bilatéraux, prédominant à gauche. »
Dans ces exemples, les deux genoux sont concernés, mais l’un peut être plus usé ou plus douloureux que l’autre. Vous pouvez donc ressentir une gêne importante à droite alors que l’image paraît plus marquée à gauche. L’inverse est également possible.
Le médecin compare les deux côtés pour plusieurs raisons : il observe la mobilité de chaque genou, recherche un gonflement, évalue l’axe des jambes et vous demande quelles activités déclenchent la douleur. Il met ensuite ces informations en regard des images. Cette comparaison évite de se fier à une radiographie isolée, sans tenir compte de votre quotidien.
Arthrose, pincement et gravité : ce que le compte rendu ne dit pas toujours
Le pincement de l’interligne correspond à une diminution de l’espace visible entre le fémur et le tibia. Il traduit généralement un amincissement du cartilage, mais la radiographie ne permet pas de mesurer directement toute la qualité du cartilage.
Le compte rendu peut aussi parler d’ostéophytes, parfois appelés « becs osseux ». Ce sont de petites excroissances qui se développent sur les bords de l’articulation. Le radiologue peut également décrire une condensation ou un remaniement de l’os sous-chondral, c’est-à-dire une modification de l’os situé juste sous le cartilage.
Ces signes confirment une arthrose structurale, mais ils ne suffisent pas à déterminer votre niveau de douleur. Les signes radiologiques de l’arthrose du genou doivent être interprétés avec l’examen clinique et vos symptômes.
Une image très marquée peut provoquer peu de gêne, tandis qu’un pincement limité peut s’accompagner de douleurs importantes, de raideur ou d’une forte limitation des déplacements. Le traitement dépend donc autant de votre mobilité et de votre confort quotidien que du résultat de la radiographie.
Quels symptômes provoque la gonarthrose interne des deux genoux ?
La gonarthrose interne bilatérale peut provoquer des douleurs sur la face interne des deux genoux, une raideur et une diminution progressive de la mobilité. Les symptômes apparaissent souvent pendant les activités qui sollicitent l’articulation, mais leur intensité peut varier selon le jour, la fatigue et l’état de chaque genou.
La douleur n’est toutefois pas toujours identique des deux côtés. Un genou peut être plus gênant à la marche, tandis que l’autre devient surtout douloureux dans les escaliers ou après une période assise. Ces signes évoquent une arthrose, sans suffire à établir un diagnostic, car une lésion méniscale, une tendinite, une ancienne entorse ou une inflammation peuvent aussi provoquer une douleur du genou.
Douleur sur le côté interne, marche et escaliers
La douleur se situe généralement au niveau de l’interligne interne, entre le fémur et le tibia. Elle peut rester localisée près de la ligne articulaire ou s’étendre à l’ensemble du genou, parfois vers la partie supérieure de la jambe. La marche prolongée, le piétinement et le port d’une charge peuvent progressivement augmenter la gêne.
Vous pouvez aussi ressentir une douleur lorsque vous restez debout longtemps, lorsque vous montez ou descendez les escaliers, ou lorsque vous vous relevez d’une chaise. Ces mouvements demandent un effort important au genou, surtout si les muscles des cuisses manquent de force ou si l’axe des jambes répartit mal les charges.
Dans la forme la plus courante, il s’agit d’une douleur mécanique : elle survient à l’effort et s’améliore habituellement lorsque vous vous reposez. Ce schéma n’est pas systématique. Une poussée plus inflammatoire peut entraîner une douleur persistante, un gonflement et une gêne même au repos. Les difficultés à marcher et à monter ou descendre les escaliers font partie des signes décrits par l’Assurance Maladie.
Raideur, craquements, gonflement et perte de mobilité
Après une nuit de sommeil ou une période prolongée en position assise, le genou peut sembler bloqué ou difficile à remettre en mouvement. Cette raideur s’atténue souvent après quelques pas, mais elle peut devenir plus longue et plus gênante lorsque l’arthrose progresse ou pendant une poussée congestive.
Des craquements, frottements ou crépitements peuvent apparaître lors de la flexion et de l’extension. Ils ne signifient pas toujours que l’articulation s’aggrave, surtout s’ils restent indolores. En revanche, un craquement associé à une douleur, à un gonflement ou à une sensation d’accrochage mérite un examen médical.
Le genou peut également gonfler lorsqu’un épanchement se forme dans l’articulation. Le gonflement apparaît parfois après un effort inhabituel et s’accompagne d’une sensation de tension, comme si le genou était trop rempli. La flexion devient alors moins confortable, et tendre complètement la jambe peut être difficile.
Une gêne modérée n’empêche pas forcément les activités quotidiennes. Consultez lorsque vous ne parvenez plus à plier ou à tendre le genou, lorsque vous boitez, lorsque le genou se dérobe ou lorsque la douleur limite vos déplacements. Un gonflement important, une rougeur, une chaleur locale ou une douleur brutale doivent également être évalués, car ces signes ne sont pas automatiquement liés à l’arthrose.
Pourquoi la douleur peut-elle être différente dans chaque genou ?
Même lorsque les deux genoux présentent une gonarthrose interne, ils ne subissent pas exactement les mêmes contraintes. L’axe des jambes, la force musculaire, le poids du corps et les habitudes de marche influencent la pression exercée sur chaque compartiment interne.
Une ancienne fracture, une entorse, une lésion méniscale ou une opération peuvent aussi avoir fragilisé un seul genou. Vous pouvez alors ressentir davantage de douleurs d’un côté, même si le compte rendu mentionne une atteinte bilatérale. Le niveau d’usure de chaque compartiment compte également : un genou peut présenter une arthrose interne plus avancée, tandis que l’autre reste peu symptomatique.
Une radiographie très marquée peut être peu douloureuse, tandis qu’une atteinte moins visible peut provoquer une gêne importante.
L’image médicale et les symptômes ne sont donc pas toujours proportionnels. Le médecin compare la radiographie, votre douleur, votre mobilité et vos activités avant d’évaluer la situation. Une douleur récente ou inhabituelle ne doit pas être attribuée automatiquement à la gonarthrose interne bilatérale.
Comment le diagnostic de gonarthrose interne bilatérale est-il posé ?
Le diagnostic repose d’abord sur un échange avec le médecin, puis sur l’examen des deux genoux. Des radiographies sont ensuite réalisées si les symptômes le justifient, notamment lors d’une première évaluation ou lorsque la douleur évolue de manière inhabituelle. Le médecin ne se fie donc pas à une image isolée : il compare vos symptômes, vos capacités de mouvement et les résultats de l’imagerie.
Cette démarche permet de confirmer une arthrose du compartiment interne, mais aussi de rechercher une autre origine lorsque les signes ne correspondent pas à une gonarthrose typique. L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de santé recommandent une approche progressive : examen clinique d’abord, radiographie en charge si nécessaire, IRM seulement dans certaines situations.
Ce que le médecin recherche pendant l’examen
Le médecin commence par vous demander où se situe la douleur, depuis quand elle est présente et dans quelles circonstances elle apparaît. Une douleur sur la face interne du genou, déclenchée par la marche, les escaliers ou une station debout prolongée, peut orienter vers le compartiment fémoro-tibial interne. Le professionnel vérifie aussi si la gêne s’améliore au repos, si elle réveille la nuit et si elle s’accompagne d’une raideur ou d’un gonflement.
L’examen porte ensuite sur plusieurs éléments :
- L’amplitude des mouvements, avec la capacité à plier et à tendre complètement le genou.
- Les craquements, les frottements et les éventuels accrochages pendant la flexion.
- La présence d’un gonflement, d’un épanchement, d’une sensibilité ou d’une chaleur locale.
- La stabilité des ligaments, notamment si vous décrivez une sensation de dérobement.
- L’axe des jambes, car des genoux arqués peuvent augmenter les contraintes sur le compartiment interne.
- Les conséquences sur la marche, la montée des escaliers, le lever d’une chaise ou les déplacements quotidiens.
Pourquoi examiner les deux côtés si un seul genou vous fait davantage souffrir ? Parce qu’une gonarthrose interne bilatérale n’évolue pas forcément de la même façon à droite et à gauche. Le médecin compare la mobilité, l’axe, la stabilité et la douleur de chaque genou. Cette comparaison aide aussi à repérer une différence de force musculaire, une ancienne blessure ou une cause qui ne serait pas liée à l’arthrose.
L’examen clinique ne permet pas toujours de confirmer seul le diagnostic. Il sert surtout à orienter la suite du bilan et à déterminer si une radiographie suffit.
À quoi servent les radiographies du genou ?
La radiographie montre les modifications osseuses liées à l’arthrose, mais elle ne mesure pas directement votre douleur. Elle ne permet pas non plus de voir le cartilage avec précision. Le médecin interprète donc les clichés en les rapprochant de vos symptômes et de ce qu’il a observé pendant l’examen.
Pour un premier bilan, les clichés sont généralement réalisés debout et en charge, afin d’observer le genou dans une situation où il supporte réellement le poids du corps. La radiographie de face en charge permet d’étudier l’espace entre le fémur et le tibia, tandis que le profil complète l’analyse. Selon la zone suspectée, le radiologue peut également réaliser :
- Un cliché en schuss, particulièrement utile pour observer l’interligne fémoro-tibial et rechercher une arthrose interne.
- Un cliché fémoro-patellaire, souvent réalisé selon un angle adapté, si une atteinte située derrière la rotule est envisagée.
- Des clichés des deux genoux lors du bilan initial, pour comparer les articulations et mesurer la différence entre les côtés.
Le radiologue peut décrire une réduction de l’interligne interne, qui correspond à un espace articulaire moins large entre le fémur et le tibia. Il peut aussi observer des ostéophytes, appelés couramment becs osseux, ainsi qu’une condensation ou d’autres remaniements de l’os situé sous le cartilage.
Ces signes peuvent confirmer une arthrose interne bilatérale, mais ils ne déterminent pas à eux seuls sa gravité fonctionnelle. Un pincement important peut provoquer une gêne limitée chez une personne, alors qu’une atteinte radiologique plus modérée peut être très douloureuse chez une autre. La radiographie est une pièce du diagnostic, pas une mesure parfaite de votre ressenti.
L’IRM n’est pas systématique dans une forme typique. Si l’examen clinique et les radiographies concordent, elle n’apporte généralement pas d’information nécessaire à la prise en charge initiale. Elle peut toutefois être demandée si les images n’expliquent pas la douleur, si l’évolution est très rapide ou si le médecin recherche une lésion méniscale, ligamentaire ou osseuse précise.
Quand faut-il rechercher une autre cause de douleur ?
Une douleur du genou ne doit pas être attribuée automatiquement à la gonarthrose, même si une radiographie mentionne une usure interne. Un traumatisme récent, une douleur très brutale ou un changement rapide des symptômes peuvent orienter vers une autre situation et nécessitent un avis médical rapide.
Consultez sans attendre si vous présentez :
- De la fièvre, une rougeur importante ou un genou très chaud.
- Une impossibilité de prendre appui ou de marcher.
- Un blocage franc, avec impossibilité de plier ou de tendre la jambe.
- Un gonflement brutal, apparu après un mouvement ou sans cause évidente.
- Une douleur inhabituelle, intense ou rapidement progressive.
Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une infection, une fracture, une lésion méniscale ou une autre maladie. Ils indiquent simplement qu’un examen médical est nécessaire pour ne pas passer à côté d’une cause différente ou urgente.
Quels traitements peuvent soulager une gonarthrose interne bilatérale ?
Le traitement d’une gonarthrose interne bilatérale se construit progressivement, selon vos douleurs, votre mobilité, votre âge, votre état de santé et vos activités. L’objectif n’est pas de « réparer » un cartilage déjà usé, mais de réduire la douleur, préserver les mouvements et maintenir votre autonomie.
Dans la plupart des cas, la prise en charge commence par l’activité physique adaptée et la kinésithérapie. Les médicaments, les infiltrations et la chirurgie peuvent ensuite être envisagés lorsque la gêne persiste ou devient plus importante.
L’exercice et la kinésithérapie comme bases du traitement
Pourquoi faire travailler un genou douloureux ? Parce que l’inactivité complète entraîne souvent une perte de force, une raideur et une diminution progressive des capacités. Un programme adapté aide au contraire à mieux répartir les charges et à sécuriser les mouvements.
La kinésithérapie peut cibler plusieurs objectifs :
- Le renforcement du quadriceps, qui participe à la stabilité du genou et facilite le lever d’une chaise ou la montée des escaliers.
- Le travail des muscles de la hanche, notamment pour améliorer l’alignement de la jambe pendant la marche.
- L’endurance, la mobilité articulaire et l’équilibre, afin de conserver des déplacements plus fluides et plus sûrs.
- La proprioception, c’est-à-dire la capacité à mieux sentir la position de votre genou et à contrôler vos appuis.
La marche adaptée, le vélo, la natation et les exercices aquatiques sont de bons exemples. L’eau réduit les contraintes liées au poids du corps, ce qui peut faciliter les mouvements pendant les périodes douloureuses. L’intensité et la durée doivent toutefois être modulées selon vos capacités, puis augmentées progressivement.
Mieux vaut progresser régulièrement, avec des efforts raisonnables, que rester complètement inactif entre deux poussées douloureuses.
La fiche de la HAS sur l’activité physique et l’arthrose rappelle l’intérêt des exercices de renforcement, d’endurance, de mobilité et d’équilibre. Un kinésithérapeute peut vous apprendre les bons gestes et ajuster le programme si l’un des deux genoux devient plus douloureux.
Poids, chaussures et adaptation des activités
Lorsque vous êtes en surcharge pondérale, une perte de poids peut réduire les contraintes exercées sur les deux genoux. Même une réduction modérée peut améliorer la fonction et rendre certains déplacements plus confortables. Elle doit rester progressive, réaliste et adaptée à votre état de santé, sans régime extrême ni objectif impossible à tenir.
L’organisation de vos journées compte également. Alternez les périodes d’activité et de repos, évitez de rester longtemps debout et limitez temporairement les mouvements très douloureux. Cela ne signifie pas arrêter toute activité, mais trouver le bon niveau de sollicitation, comme on baisse le volume d’un effort sans éteindre complètement le moteur.
Quelques ajustements simples peuvent aider :
- Choisissez des chaussures confortables, stables et suffisamment souples, avec une semelle qui absorbe correctement les chocs.
- Aménagez les tâches qui vous obligent à vous accroupir, à vous agenouiller ou à monter souvent les escaliers.
- Répartissez les charges et utilisez une aide à la marche si un professionnel vous la conseille.
- Reprenez progressivement une activité après une poussée douloureuse, plutôt que de reprendre au même niveau immédiatement.
Une genouillère ou une orthèse peut parfois accompagner les déplacements, mais son choix dépend de l’atteinte, de l’axe du genou et du niveau de maintien recherché. Elle ne remplace ni les exercices ni l’avis médical.
Antalgiques, anti-inflammatoires et infiltrations : à quoi s’attendre ?
Les antalgiques peuvent être utilisés lors des douleurs, en particulier pendant une poussée. Le paracétamol est souvent proposé en première intention, mais il ne convient pas à toutes les situations et doit respecter les indications, les contre-indications et les recommandations d’un professionnel de santé. La recommandation de la HAS sur le paracétamol rappelle aussi que la prise en charge repose d’abord sur des mesures non médicamenteuses.
Les anti-inflammatoires peuvent être appliqués localement ou prescrits par voie orale, surtout lorsque la douleur s’accompagne d’une poussée inflammatoire. Leur utilisation doit tenir compte de votre âge, de vos traitements et de vos antécédents digestifs, rénaux ou cardiovasculaires. Ils peuvent aussi provoquer des réactions cutanées lorsqu’ils sont appliqués sur la peau. Une prescription courte et réévaluée est préférable à une prise prolongée sans suivi.
Une infiltration de corticoïdes peut être discutée en cas de douleur importante, notamment lorsqu’un épanchement ou une inflammation du genou est présent. Son efficacité varie selon les personnes et reste généralement temporaire. L’indication dépend de l’examen clinique, de l’état de chaque genou et de la cause exacte de la poussée.
Quand une opération du genou devient-elle envisageable ?
La chirurgie se discute lorsque la douleur persiste, que les déplacements deviennent très difficiles et qu’un traitement médical bien suivi ne suffit plus. La décision ne repose pas uniquement sur la radiographie : le handicap quotidien, la mobilité, l’état général et vos attentes comptent aussi.
Selon la situation, le chirurgien peut envisager :
- Une prothèse unicompartimentale si l’usure reste limitée au compartiment interne et que les autres structures du genou sont suffisamment préservées.
- Une prothèse totale lorsque l’arthrose est plus étendue ou concerne plusieurs compartiments.
- Une ostéotomie dans certains cas de désaxation, lorsque la correction de l’axe peut mieux répartir les contraintes.
Ces interventions peuvent réduire la douleur et améliorer la marche, mais elles comportent aussi des risques, une rééducation et des limites fonctionnelles. Une évaluation individuelle est donc indispensable avant toute décision.
Une genouillère est-elle utile en cas d’arthrose interne des deux genoux ?
Oui, une genouillère peut être utile en cas de gonarthrose interne bilatérale, mais elle ne convient pas de la même façon à toutes les situations. Elle peut réduire la douleur, améliorer la stabilité et faciliter certains déplacements, sans réparer le cartilage ni remplacer les exercices, la kinésithérapie ou le suivi médical.
Le choix dépend de plusieurs éléments : l’axe de vos jambes, le compartiment réellement douloureux, la stabilité de chaque genou, votre activité et votre morphologie. Comme les deux genoux ne sont pas forcément atteints avec la même intensité, un modèle identique n’est pas automatiquement adapté aux deux côtés.
Quelle différence entre une genouillère de décharge et un modèle souple ?
Une orthèse articulée de décharge unicompartimentale exerce un maintien plus important qu’une genouillère élastique. Elle est conçue pour modifier la répartition des contraintes et diminuer la pression exercée sur le compartiment interne du genou. Elle peut donc être proposée lorsque l’arthrose fémoro-tibiale interne est prédominante, douloureuse et gênante à la marche.
Son intérêt repose sur une action mécanique, et non uniquement sur une sensation de serrage. Les articulations latérales accompagnent les mouvements de flexion et d’extension, tandis que la structure de l’orthèse aide à soulager la zone la plus sollicitée. La Haute Autorité de santé présente les orthèses de décharge comme des dispositifs destinés à diminuer les charges transmises aux surfaces articulaires dans certaines gonarthroses unicompartimentales.
Une genouillère souple, de son côté, apporte surtout :
- Une compression légère autour du genou.
- Une sensation de chaleur qui peut rendre les mouvements plus confortables.
- Un maintien rassurant lors de la marche ou d’une activité modérée.
- Une meilleure perception de l’articulation, notamment lorsque le genou semble peu stable.
Elle ne corrige toutefois pas l’axe du genou et ne décharge pas le compartiment interne de la même manière. Elle peut convenir à une gêne modérée, à une reprise d’activité ou à une recherche de confort, mais elle n’est pas adaptée à toutes les douleurs et ne remplace pas une orthèse prescrite pour une atteinte unicompartimentale.
Une orthèse de décharge agit sur la répartition des contraintes, tandis qu’un modèle souple agit surtout sur le confort et la sensation de maintien.
Une orthèse rigide n’est pas forcément préférable dans tous les cas. Elle peut être encombrante, plus difficile à régler et moins confortable si elle est mal adaptée. À l’inverse, une genouillère souple peut apporter trop peu de soutien lorsque la douleur est importante, que l’axe du genou est modifié ou que la marche devient instable.
Le choix se fait donc avec un professionnel, en tenant compte de vos symptômes et de l’examen de chaque genou. Une orthèse de décharge peut être pertinente pour une arthrose interne symptomatique, mais son efficacité reste variable et elle doit s’intégrer dans une prise en charge globale.
Comment porter une orthèse sans aggraver la gêne ?
Commencez par choisir une taille correspondant précisément à vos mesures. Une orthèse trop grande risque de glisser pendant la marche, alors qu’un modèle trop petit peut comprimer inutilement la peau et les tissus. Les repères de positionnement doivent aussi être respectés, surtout avec une orthèse articulée.
Lors des premiers essais, portez-la progressivement, pendant une activité courte et dans un environnement où vous pouvez l’enlever facilement. Observez votre confort pendant la marche, les escaliers et les changements de position, puis augmentez le temps de port si le genou et la peau le tolèrent.
Avant et après chaque utilisation, vérifiez :
- Que l’orthèse reste bien en place sans créer de plis.
- Que les sangles maintiennent le genou sans être serrées au maximum.
- Que la peau ne présente pas de rougeur persistante, de frottement ou d’irritation.
- Que vous ne ressentez ni engourdissement, ni fourmillement, ni douleur inhabituelle.
- Que le gonflement ne s’aggrave pas après le port.
Retirez l’orthèse si elle provoque une douleur, une perte de sensibilité, une coloration inhabituelle du pied ou un gonflement plus important. N’essayez pas de compenser une gêne en serrant davantage les sangles : un mauvais réglage peut déplacer les appuis et rendre le dispositif moins efficace.
Un essayage avec un orthopédiste-orthésiste, un médecin de médecine physique et de réadaptation, un rhumatologue ou un kinésithérapeute peut faciliter l’ajustement. Si l’orthèse est difficile à supporter, si la douleur reste importante ou si le genou gonfle, demandez un nouvel avis avant de continuer à la porter.
Questions fréquentes
La gonarthrose interne bilatérale peut soulever de nombreuses questions, surtout lorsque le diagnostic apparaît sur une radiographie. Voici les réponses aux situations les plus courantes, pour mieux comprendre ce que ce terme implique au quotidien et quand demander un avis médical.
La gonarthrose interne bilatérale est-elle forcément grave ?
Non. Le terme gonarthrose interne bilatérale indique que l’arthrose se situe dans le compartiment interne des deux genoux, mais il ne suffit pas à déterminer sa gravité. Un genou peut présenter des signes radiologiques importants avec une gêne limitée, tandis qu’une atteinte moins marquée peut provoquer une douleur plus handicapante.
L’importance de la situation s’évalue en rapprochant plusieurs éléments : vos douleurs, votre mobilité, votre capacité à marcher ou à monter les escaliers, l’examen clinique et les images. Le médecin tient aussi compte de la durée des symptômes, des gonflements et de leur impact sur vos activités. La radiographie est donc une pièce du bilan, pas une mesure exacte de votre ressenti.
Peut-on continuer à faire du sport avec cette arthrose ?
Oui, une activité physique adaptée est généralement encouragée. Elle aide à préserver la mobilité, à renforcer les muscles qui soutiennent le genou et à éviter les effets d’une immobilisation prolongée. La marche, le vélo avec une résistance modérée, la natation, l’aquagym et les exercices de renforcement peuvent être envisagés selon vos capacités.
Commencez progressivement, avec une intensité modérée et une durée raisonnable. Une douleur légère pendant l’effort n’impose pas toujours l’arrêt, mais une activité qui déclenche une douleur importante ou durable doit être réduite, modifiée ou temporairement remplacée. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à un kinésithérapeute afin d’adapter les exercices à vos deux genoux.
La gonarthrose interne bilatérale peut-elle disparaître ?
La gonarthrose est une atteinte chronique qui ne disparaît généralement pas, car le cartilage usé ne se régénère pas spontanément. Il faut donc se méfier des promesses annonçant une reconstruction certaine du cartilage grâce à une méthode ou à un produit.
Cela ne signifie pas que vous devrez rester douloureux. Une prise en charge adaptée peut réduire les douleurs, améliorer la mobilité et vous aider à reprendre certaines activités. Les exercices, la kinésithérapie, le contrôle du poids lorsque cela est nécessaire et les traitements prescrits peuvent améliorer la fonction, même si les images radiologiques restent présentes.
Est-il normal d’avoir mal surtout à un seul genou ?
Oui, les deux genoux peuvent être atteints sans provoquer la même gêne. L’arthrose peut être plus avancée d’un côté, ou les contraintes peuvent être réparties différemment selon l’axe des jambes, la façon de marcher et les activités pratiquées.
La force des muscles, une ancienne entorse, une lésion méniscale ou une autre cause associée peuvent aussi expliquer cette différence. Un genou peut donc être douloureux à la marche, tandis que l’autre reste presque silencieux malgré une atteinte visible sur la radiographie. Une douleur nouvelle ou nettement différente mérite toutefois un examen, car elle n’est pas automatiquement due à l’arthrose.
Faut-il consulter un rhumatologue ou un chirurgien ?
Votre médecin traitant peut commencer l’évaluation, examiner les deux genoux, prescrire les premiers examens et proposer une prise en charge adaptée. Selon vos symptômes et les résultats, il peut vous orienter vers un rhumatologue, un kinésithérapeute, un médecin de réadaptation ou un chirurgien orthopédique.
La chirurgie n’est pas la première étape dans la plupart des situations. Elle se discute surtout lorsque la douleur et la perte d’autonomie restent importantes malgré un traitement bien conduit, avec des images compatibles et une gêne réelle dans la vie quotidienne. Un avis chirurgical ne signifie donc pas qu’une opération est obligatoire.
Quand consulter rapidement pour une douleur aux deux genoux ?
Demandez un avis médical sans attendre si la douleur s’aggrave brutalement ou si elle s’accompagne de signes inhabituels. Consultez rapidement en présence de :
- Fièvre, rougeur marquée ou chaleur importante du genou.
- Gonflement brutal, apparu après un effort, un mouvement ou sans explication.
- Impossibilité de prendre appui ou de marcher.
- Traumatisme important, chute ou choc direct.
- Blocage avec impossibilité de plier ou de tendre la jambe.
- Douleur très intense, douleur nocturne ou aggravation rapide.
Ces symptômes peuvent correspondre à une poussée inflammatoire, mais aussi à une infection, une fracture ou une lésion nécessitant un traitement différent. N’attendez pas que la douleur s’installe durablement pour consulter.
Conclusion
La gonarthrose interne bilatérale signifie que l’arthrose touche le compartiment interne des deux genoux. Cette formulation décrit la zone concernée et le nombre de genoux atteints, mais elle ne suffit pas à déterminer la gravité de l’usure ni l’importance des douleurs. Seul le rapprochement entre vos symptômes, l’examen médical et les éventuelles radiographies permet d’évaluer la situation.
La prise en charge repose sur plusieurs piliers : une évaluation personnalisée, une activité physique adaptée, le renforcement musculaire et, si nécessaire, un contrôle du poids. Des solutions antalgiques peuvent compléter ces mesures, selon votre état de santé et les recommandations du professionnel qui vous suit. Dans certaines formes d’arthrose médiale, une genouillère de décharge peut aussi accompagner la marche et réduire les contraintes sur le compartiment interne. Elle ne remplace toutefois ni les exercices, ni le suivi médical.
Consultez si la douleur persiste, si votre mobilité diminue ou si vous avez des difficultés à marcher, à monter les escaliers ou à prendre appui. Un gonflement brutal, une rougeur, une chaleur importante, un blocage ou une douleur intense nécessitent également un avis médical rapide.

