Ne plus réussir à tendre votre genou n’est pas un signe à attribuer automatiquement à une tendinite. Une douleur, un gonflement, une inflammation ou un blocage mécanique peuvent limiter l’extension, surtout après un effort, un mouvement brusque ou un traumatisme.
Arrêtez l’activité douloureuse, n’essayez pas de forcer le genou et demandez rapidement un avis médical s’il est bloqué, très gonflé ou si la douleur est importante. Voyons comment distinguer les causes possibles, reconnaître les signes d’urgence et savoir quoi faire dans les prochaines heures et les prochains jours.
Points clés
- Si vous n’arrivez plus à tendre votre genou, ne concluez pas automatiquement à une tendinite : une lésion méniscale, un gonflement ou un blocage mécanique sont aussi possibles.
- Arrêtez l’activité douloureuse et ne forcez jamais l’extension, même si la gêne semble modérée.
- Un genou très gonflé, déformé, chaud, instable ou totalement bloqué nécessite un avis médical rapide.
- Le repos relatif, le froid protégé et une consultation peuvent aider à éviter l’aggravation.
- Une douleur persistante après quelques jours doit être évaluée par un professionnel de santé.
Je n’arrive plus à tendre mon genou tendinite : est-ce vraiment la cause ?
Ne plus réussir à tendre complètement le genou peut arriver avec une tendinite, mais ce symptôme ne suffit pas pour retenir cette cause. La douleur peut simplement vous empêcher de terminer le mouvement, ou le genou peut être réellement bloqué par un problème situé dans l’articulation.
La différence est importante. Une douleur liée à un tendon s’améliore parfois lorsque la jambe reste au repos, tandis qu’un véritable blocage persiste, même lorsque vous essayez doucement de changer de position. Sans examen, il reste impossible de confirmer l’origine exacte, mais certains indices peuvent vous aider à comprendre la situation et à savoir quand consulter.
Une tendinite peut-elle empêcher de tendre la jambe ?
Oui, une tendinite du genou peut limiter l’extension, surtout lorsque le tendon est très douloureux ou irrité après un effort. Le mouvement met alors le tendon sous tension, ce qui déclenche une douleur vive et provoque une réaction de protection. Vous arrêtez naturellement le geste avant d’atteindre l’extension complète.
Cette limitation ressemble parfois à un blocage, mais le genou n’est pas forcément coincé. Vous pouvez avoir l’impression que quelque chose tire à l’avant du genou, sous la rotule ou juste au-dessus, selon le tendon concerné. La douleur apparaît alors surtout dans certaines positions :
- lorsque vous vous relevez d’une chaise ou d’un squat ;
- quand vous montez ou descendez les escaliers ;
- pendant la course, les sauts ou les changements d’appui ;
- lorsque vous tendez la jambe contre une résistance.
Dans ce cas, la jambe peut souvent se tendre un peu plus si la douleur diminue, si vous vous allongez ou si les muscles se relâchent. Cela ne permet pas de poser un diagnostic, mais ce comportement évoque davantage une extension limitée par la douleur qu’un verrouillage mécanique.
Une tendinite s’installe fréquemment de manière progressive, après une augmentation des entraînements, une reprise trop rapide ou des gestes répétés. Elle peut aussi apparaître après une activité inhabituelle, comme une randonnée avec beaucoup de dénivelé ou une séance de renforcement plus intense que d’habitude. Un traumatisme direct ou une torsion brutale orientent davantage vers une autre lésion.
Douleur qui bloque le mouvement ou véritable blocage articulaire ?
Pour vous repérer, imaginez une porte dont la poignée fonctionne, mais que vous n’osez pas ouvrir parce qu’elle fait mal. Dans ce premier cas, le mouvement reste possible, mais la douleur vous arrête. Avec un véritable blocage, la porte bute contre un objet : le mouvement s’interrompt à un angle précis et ne va pas plus loin.
Un genou réellement bloqué ne se tend plus, même lentement et sans charge. Vous pouvez parfois sentir un accrochage, un ressaut ou une butée à l’intérieur de l’articulation. Le blocage peut survenir après une torsion, un mouvement sportif ou un traumatisme, mais il peut aussi apparaître sans choc évident.
Les causes possibles comprennent notamment :
- une lésion du ménisque avec déplacement d’une partie abîmée ;
- un fragment de cartilage ou d’os présent dans l’articulation ;
- un gonflement important qui limite l’amplitude ;
- une douleur aiguë après une entorse ou une lésion ligamentaire.
Ne forcez pas pour essayer de « remettre » le genou en place. Des mouvements répétés, des étirements appuyés ou une flexion-extension forcée peuvent augmenter l’irritation et compliquer l’évaluation médicale.
Un genou douloureux n’est pas forcément bloqué, mais un genou qui reste coincé dans la même position mérite un avis médical rapide.
Que révèle la localisation de la douleur ?
L’endroit où vous avez mal apporte une première indication, sans remplacer un examen. Une douleur située à l’avant du genou, autour ou juste sous la rotule, peut concerner le tendon rotulien ou l’articulation fémoro-patellaire. Elle se manifeste souvent lors des sauts, des escaliers, des squats ou après une position assise prolongée.
Une douleur au-dessus de la rotule peut toucher le tendon quadricipital, qui relie le muscle de la cuisse à la rotule. Si elle survient brutalement après un saut, un démarrage ou une réception, une lésion plus importante doit être écartée, surtout si vous ne parvenez plus à lever la jambe tendue.
Une douleur sur le côté interne ou externe du genou peut avoir une origine différente : ménisque, ligament, tendon ou inflammation des tissus voisins. Un point douloureux précis ne suffit donc pas à conclure à une tendinite. Il faut aussi observer la manière dont la douleur est apparue et les mouvements qui la déclenchent.
Le gonflement apporte également une information utile. Une petite sensibilité locale après plusieurs jours d’effort n’a pas la même signification qu’un genou qui augmente rapidement de volume. Un gonflement apparu dans les heures qui suivent une torsion ou un choc doit être évalué, en particulier s’il s’accompagne d’une instabilité ou d’une impossibilité de prendre appui.
Pourquoi le contexte de l’effort compte-t-il ?
Le contexte permet de remettre le symptôme dans son histoire. Une douleur progressive après plusieurs entraînements rapprochés ne s’analyse pas comme une douleur immédiate après un pivot du genou. Dans le premier cas, une surcharge tendineuse est possible. Dans le second, une entorse, une lésion méniscale ou une atteinte ligamentaire peuvent aussi être envisagées.
Posez-vous quelques questions simples :
- La douleur est-elle apparue pendant un mouvement précis ou après plusieurs heures d’activité ?
- Avez-vous entendu un craquement ou ressenti un déboîtement ?
- Le genou a-t-il gonflé rapidement ?
- Pouvez-vous marcher et poser le pied normalement ?
- La jambe reste-t-elle bloquée au même angle, même au repos ?
- Avez-vous récemment repris le sport, changé de chaussures ou augmenté vos charges ?
Ces éléments aideront le médecin ou le kinésithérapeute à orienter l’examen. Notez aussi les activités qui aggravent la douleur, l’évolution du gonflement et la position dans laquelle le genou reste limité. Une description précise vaut mieux qu’une simple impression de « tendinite ».
Quand faut-il consulter rapidement ?
Consultez rapidement si vous ne pouvez plus tendre le genou après une chute, une torsion ou un choc, surtout si l’articulation est très gonflée. Un genou déformé, instable, très chaud ou accompagné d’une douleur intense ne doit pas être traité comme une simple tendinite.
Un avis médical est également nécessaire si vous ne pouvez plus prendre appui, si la jambe ne se lève plus lorsqu’elle est tendue, ou si le blocage persiste au repos. Une fièvre associée à un genou rouge, chaud et douloureux demande une prise en charge sans attendre.
En attendant, arrêtez l’activité responsable et gardez le genou dans la position la moins douloureuse. Vous pouvez appliquer du froid à travers un tissu pendant quelques minutes, sans contact direct avec la peau, puis surélever la jambe si elle est gonflée. Ne reprenez pas le sport tant que l’extension reste limitée ou que la douleur augmente.
Si vous arrivez à tendre progressivement le genou, mais que la douleur persiste plusieurs jours, prenez rendez-vous. Une tendinite se traite mieux lorsque la cause de la surcharge est identifiée, plutôt qu’en forçant sur une articulation qui n’a pas encore récupéré.
Que faire immédiatement quand le genou ne se tend plus ?
Quand vous n’arrivez plus à tendre votre genou, la priorité est de réduire l’irritation sans immobiliser complètement la jambe. Dans les premières 24 à 48 heures, arrêtez le sport, les déplacements inutiles et toute activité qui augmente la douleur. Ces conseils restent généraux et ne remplacent pas un examen médical, surtout si le genou semble réellement bloqué.
Ne cherchez pas à retrouver l’extension complète à tout prix. Un genou douloureux a besoin d’être protégé, mais aussi de conserver un minimum de mouvement confortable pour éviter qu’il ne se raidisse davantage.
Repos relatif, glace et position confortable : les premiers réflexes
Le repos relatif consiste à réduire les activités douloureuses sans garder la jambe totalement immobile. Vous pouvez marcher sur de courtes distances si l’appui reste possible et si chaque pas n’aggrave pas les symptômes. En revanche, mettez en pause la course, les sauts, les escaliers répétés, les squats, le port de charges lourdes et le travail qui vous oblige à rester longtemps accroupi.
Rester allongé toute la journée pendant plusieurs jours n’est généralement pas utile. Le genou risque de perdre progressivement sa mobilité, tandis que les muscles de la cuisse deviennent moins actifs. L’objectif est plus simple : bouger seulement dans les limites acceptables, puis vous reposer dès que la douleur augmente.
Le froid peut aider à calmer une douleur récente ou une sensation de gonflement. Utilisez une poche froide enveloppée dans un tissu fin, une serviette ou un linge propre. Ne posez jamais la glace directement sur la peau, car le froid intense peut provoquer une irritation ou une brûlure cutanée.
Appliquez le froid pendant une courte période, puis laissez la peau revenir à une température normale. Vous pouvez renouveler l’application plusieurs fois dans la journée si cela vous soulage, sans chercher à prolonger la séance. Une peau très pâle, insensible, douloureuse ou fortement rouge doit vous conduire à retirer immédiatement la poche froide.
Si le genou est gonflé, surélevez la jambe lorsque vous êtes assis ou allongé. Placez un coussin sous le mollet ou sous la jambe, afin de la maintenir dans une position confortable. Évitez de mettre un support directement sous le genou pendant des heures, car cette position peut entretenir une flexion permanente et rendre l’extension plus difficile.
La meilleure position est celle qui diminue la douleur sans comprimer l’articulation. Vous pouvez garder le genou légèrement fléchi au début, mais ne le forcez pas vers l’arrière. Une extension obtenue par pression, par étirement intense ou en vous aidant avec les mains peut augmenter l’inflammation et aggraver une lésion existante.
Pendant les premières heures, surveillez l’évolution de plusieurs éléments :
- le volume du genou augmente-t-il rapidement ?
- la douleur diminue-t-elle au repos ou reste-t-elle très intense ?
- pouvez-vous poser le pied sans boiter fortement ?
- la jambe change-t-elle de couleur ou devient-elle froide ?
- le genou reste-t-il coincé au même angle, quelle que soit votre position ?
Ces informations seront utiles lors d’une consultation. Notez aussi l’heure d’apparition des symptômes, le mouvement qui les a déclenchés et les activités réalisées juste avant. Une douleur progressive après une surcharge ne s’interprète pas comme une impossibilité soudaine de tendre la jambe après une torsion.
N’utilisez pas une genouillère serrée ou un bandage compressif au hasard, surtout si le genou gonfle rapidement ou si vous ressentez des fourmillements. Un maintien peut parfois améliorer le confort, mais il ne doit jamais remplacer un diagnostic lorsque l’articulation est bloquée ou très douloureuse.
Si l’extension est limitée par la douleur, le repos relatif peut aider. Si le genou bute toujours au même endroit, ne tentez pas de le débloquer vous-même.
Les mouvements doux à privilégier, et ceux à éviter
Après quelques heures de repos, vous pouvez tester des mouvements simples, uniquement s’ils restent lents, légers et non douloureux. Il ne s’agit pas de rééduquer le genou immédiatement, mais de vérifier ce qu’il tolère sans déclencher une nouvelle poussée douloureuse.
Commencez par mobiliser doucement la cheville, en ramenant le pied vers vous puis en le relâchant. Vous pouvez aussi effectuer de petits mouvements circulaires avec la cheville. Ces gestes sollicitent peu le genou et permettent de conserver une activité de la jambe lorsque la marche est limitée.
Si la position est confortable, contractez brièvement le muscle situé à l’avant de la cuisse. Allongez-vous avec la jambe soutenue, puis essayez de serrer doucement la cuisse pendant quelques secondes avant de relâcher. Ne poussez pas sur le genou et n’essayez pas d’écraser l’arrière de l’articulation contre le lit ou le sol.
Vous pouvez ensuite faire quelques flexions et extensions dans une amplitude réduite. Le mouvement doit s’arrêter avant la douleur vive, l’accrochage ou la sensation de butée. Si le genou ne se tend pas complètement, restez simplement dans la zone où le geste demeure possible, sans chercher à gagner quelques degrés par la force.
Un mouvement légèrement inconfortable n’a pas la même signification qu’une douleur aiguë. Arrêtez l’exercice si la douleur augmente pendant le geste, si le genou gonfle davantage après, ou si les symptômes restent plus marqués dans les heures suivantes. Dans ce cas, revenez au repos relatif et demandez conseil à un professionnel de santé.
Pendant cette phase, évitez :
- les étirements agressifs de la cuisse ou de l’arrière de la jambe ;
- les flexions profondes, les squats et les fentes ;
- les sauts, la course et les changements rapides de direction ;
- les pivots sur un pied ou les mouvements de torsion ;
- les massages appuyés sur une zone très douloureuse, chaude ou gonflée.
Un massage énergique ne remet pas forcément un genou bloqué en mouvement. Il peut même augmenter la sensibilité des tissus irrités. La même prudence s’applique aux manipulations réalisées par une personne non formée, même si elle souhaite simplement « remettre » l’articulation en place.
Après 24 à 48 heures, la reprise doit rester progressive. Si le gonflement diminue, que la douleur baisse et que l’amplitude s’améliore, reprenez d’abord les déplacements courts sur terrain plat. Augmentez ensuite la durée, mais pas l’intensité et la durée en même temps. Le genou doit retrouver son mouvement avant de reprendre les activités qui le chargent fortement.
Une gêne légère qui ne s’aggrave pas peut parfois être surveillée. En revanche, une douleur qui augmente à chaque tentative, une extension toujours impossible ou un gonflement qui réapparaît après quelques pas justifient un avis médical ou kinésithérapique. Ne continuez pas un sport ou un travail simplement parce que vous pouvez encore avancer.
Quand consulter rapidement un médecin ou les urgences
Certains signes ne correspondent pas à une simple douleur tendineuse après un effort. Ils peuvent révéler une lésion nécessitant un examen, une radiographie, une échographie ou une autre prise en charge selon la situation. N’attendez pas plusieurs jours si l’un des signes suivants apparaît :
- vous ne pouvez soudainement plus tendre le genou ni utiliser la jambe ;
- le genou est véritablement bloqué, en particulier après une torsion ou un traumatisme ;
- une déformation est visible, ou l’articulation semble déplacée ;
- un choc important, une chute ou un accident a précédé la douleur ;
- le genou a gonflé en quelques heures ;
- la douleur est très intense ou empêche tout appui ;
- le genou est rouge, chaud et douloureux, avec de la fièvre ;
- le mollet devient gonflé, tendu ou douloureux ;
- vous ressentez un engourdissement ou des fourmillements persistants ;
- le pied devient froid, pâle, bleuâtre ou change nettement de couleur.
Un gonflement apparu rapidement après une torsion mérite une attention particulière, même si la douleur semble ensuite diminuer. De même, l’impossibilité de lever la jambe tendue ou de prendre appui ne doit pas être attribuée automatiquement à une tendinite.
Contactez un médecin rapidement si le genou reste limité malgré 24 à 48 heures de repos relatif, ou si l’amélioration s’interrompt. Consultez aussi si les épisodes se répètent, si la douleur revient à chaque reprise d’activité ou si vous devez modifier votre marche pour éviter l’appui.
En attendant le rendez-vous, gardez la jambe dans la position la moins douloureuse, limitez les déplacements et ne testez pas constamment l’extension. Un genou qui ne se tend plus est un signal à écouter, pas un mouvement à gagner par la contrainte.
Comment le diagnostic et le traitement d’une tendinite du genou sont-ils établis ?
Le diagnostic d’une tendinite du genou ne repose pas uniquement sur la douleur. Le professionnel de santé rapproche vos symptômes, leur apparition, les mouvements qui les déclenchent et les résultats de l’examen clinique. Cette étape permet de vérifier qu’il s’agit bien d’un tendon irrité, plutôt que d’un problème méniscal, ligamentaire, articulaire ou infectieux.
Le traitement dépend ensuite de plusieurs éléments : la cause de la douleur, son ancienneté, votre niveau d’activité et la présence éventuelle d’un gonflement ou d’un véritable blocage. Si vous vous dites « je n’arrive plus à tendre mon genou, tendinite », ne cherchez donc pas à confirmer seul cette hypothèse. Une extension impossible après une torsion ou un choc demande une évaluation différente d’une douleur apparue progressivement après une surcharge.
Ce que le professionnel de santé vérifie pendant l’examen
La consultation commence généralement par un échange précis. Le médecin vous demande quand la douleur est apparue, si elle fait suite à un effort ou à un traumatisme, et si elle s’aggrave dans les escaliers, pendant la course, lors des sauts ou en position accroupie. Il cherche aussi à savoir si le genou gonfle, s’accroche, se dérobe ou reste bloqué à un angle donné.
La localisation de la douleur apporte un premier indice. Le professionnel repère si elle se situe au-dessus de la rotule, sous celle-ci, sur le côté du genou ou plus profondément dans l’articulation. Il vérifie ensuite la zone la plus sensible à la palpation, car une douleur bien localisée sur le trajet d’un tendon n’a pas la même signification qu’une douleur diffuse ou située dans l’interligne articulaire.
L’amplitude du mouvement est évaluée de deux façons :
- L’amplitude active correspond au mouvement que vous réalisez vous-même, en contractant vos muscles.
- L’amplitude passive correspond au mouvement effectué doucement par le professionnel, alors que vous relâchez la jambe.
Cette distinction est utile. Si vous ne parvenez pas à tendre le genou activement, mais que le professionnel peut obtenir une extension presque complète sans butée ni douleur majeure, la faiblesse musculaire ou la douleur peuvent limiter le geste. En revanche, une extension impossible aussi en passif peut orienter vers un gonflement important, une raideur ou un blocage mécanique.
La force du quadriceps est également contrôlée, notamment si vous ne pouvez plus lever la jambe tendue. Une rupture tendineuse ou une atteinte importante de l’appareil extenseur doit être écartée lorsque la jambe ne se soulève plus correctement. Le professionnel compare souvent les deux côtés et observe votre capacité à prendre appui, à marcher et à vous relever d’une chaise.
L’examen ne s’arrête pas au tendon douloureux. Des tests recherchent une instabilité des ligaments, une atteinte du ménisque ou une irritation de la rotule. Le médecin peut ainsi mobiliser le genou dans différentes directions, exercer une pression contrôlée ou vous demander de réaliser certains mouvements. Ces manœuvres ne sont pas destinées à forcer l’articulation, mais à reproduire les symptômes de manière encadrée.
Le genou est aussi observé dans son ensemble : volume, rougeur, température de la peau, ecchymose et éventuelle déformation. Un genou très chaud, rouge et douloureux, surtout avec de la fièvre, ne correspond pas au tableau habituel d’une tendinopathie et doit être pris au sérieux. De même, un gonflement apparu rapidement après une blessure peut nécessiter un examen complémentaire.
Une échographie peut aider à observer certains tendons, leur épaisseur, leur structure et les tissus situés autour. Elle peut être utile lorsque la douleur est localisée ou lorsque le professionnel souhaite rechercher une atteinte tendineuse superficielle. Elle ne montre toutefois pas toutes les structures du genou et ne remplace pas l’examen clinique.
La radiographie n’est pas systématique dans une tendinite présumée. Elle peut être proposée après un traumatisme, en cas de suspicion de fracture, d’arthrose ou d’anomalie osseuse. Une IRM est réservée à certaines situations, notamment lorsque les symptômes persistent, que le diagnostic reste incertain ou qu’une lésion méniscale, ligamentaire ou cartilagineuse doit être recherchée.
Une imagerie normale ne signifie pas que votre douleur n’existe pas. Elle doit toujours être interprétée avec l’histoire des symptômes et l’examen du genou.
Médicaments, kinésithérapie et reprise progressive
La première mesure consiste souvent à adapter l’activité, sans imposer un repos complet pendant une longue période. Il faut suspendre les gestes qui déclenchent une douleur nette, comme les sauts, les squats profonds, la course ou les montées répétées d’escaliers. Une marche courte sur terrain plat peut parfois rester possible si elle ne fait pas augmenter la douleur ni le gonflement.
Un antalgique peut être proposé pour réduire la douleur et vous permettre de bouger plus confortablement. Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tout le monde et ne doivent pas être pris de façon répétée sans l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Le choix dépend de votre âge, de vos antécédents, de vos autres traitements et de la cause réelle de la douleur.
La kinésithérapie occupe souvent une place importante lorsque la douleur commence à diminuer. Le professionnel adapte les exercices à votre capacité du moment, puis augmente progressivement la charge. Le travail peut comprendre :
- le renforcement progressif du quadriceps, sans provoquer de douleur vive ;
- l’activation des muscles de la hanche et des fessiers, qui participent au contrôle de l’alignement du membre inférieur ;
- la récupération de la mobilité du genou et de la cheville ;
- l’amélioration de l’équilibre et du contrôle pendant l’appui ;
- la reprise des gestes du quotidien, comme monter les escaliers ou s’asseoir.
Le but n’est pas de tester le tendon à chaque séance jusqu’à l’épuisement. Il s’agit de lui réapprendre à supporter une charge adaptée, comme on augmente progressivement le poids porté par un muscle après une période de repos. Une douleur légère et stable peut parfois être tolérée, mais une aggravation durable après l’exercice indique que la progression est trop rapide.
L’amélioration d’une tendinopathie peut prendre plusieurs semaines. La durée varie selon le tendon concerné, l’ancienneté des symptômes, la charge imposée au genou et la régularité de la rééducation. Reprendre le sport dès que la douleur baisse un peu expose à une nouvelle poussée, surtout si l’extension complète n’est pas revenue.
La reprise se fait par étapes : déplacements habituels, exercices contrôlés, efforts plus longs, puis gestes sportifs ou professionnels spécifiques. Chaque étape doit être validée par la tolérance du genou, avec une douleur qui ne s’intensifie pas le lendemain et un gonflement qui reste absent ou limité.
Une genouillère peut-elle aider sans remplacer le diagnostic ?
Une genouillère peut apporter une sensation de maintien, une légère compression ou un meilleur confort pendant certaines activités. Elle peut vous aider à vous sentir plus en confiance lors d’une marche ou d’une reprise prudente, mais elle ne répare pas un tendon et ne traite pas la cause de la tendinite.
Le choix doit correspondre à votre situation et à l’activité prévue. Vérifiez plusieurs points avant de la porter :
- la taille doit maintenir sans couper la circulation ;
- le tissu doit rester confortable, sans frottement ni chaleur excessive ;
- la compression ne doit pas provoquer d’engourdissement ou de fourmillements ;
- le niveau de maintien doit correspondre à un besoin de confort, de stabilité ou de protection ;
- la genouillère doit rester compatible avec vos mouvements et vos vêtements.
Un modèle trop serré peut augmenter l’inconfort et masquer une aggravation. À l’inverse, un maintien trop léger ne répondra pas à un genou réellement instable. Retirez la genouillère si le pied devient froid, pâle, insensible ou si la douleur augmente.
Demandez conseil à un professionnel si votre genou est gonflé, instable ou bloqué. Dans ces situations, la priorité est de comprendre l’origine du symptôme, pas de maintenir l’articulation pour continuer malgré tout. Une genouillère peut accompagner une prise en charge, jamais remplacer le diagnostic.
Pourquoi il vaut mieux éviter l’automédication prolongée et les manipulations
Prendre régulièrement des anti-inflammatoires sans conseil médical n’est pas anodin. Ces médicaments peuvent provoquer ou aggraver des troubles digestifs, affecter les reins ou augmenter certains risques cardiovasculaires. La prudence est encore plus importante en cas d’antécédents médicaux, de grossesse ou de traitement associé.
Ne prenez pas un médicament simplement parce qu’il a soulagé une précédente douleur du genou. La dose, la durée et le choix du traitement doivent tenir compte de votre situation personnelle. En cas de doute, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien plutôt que de prolonger les prises seul.
Les manipulations forcées posent un autre problème. Tirer sur la jambe, appuyer fortement derrière le genou ou tenter de débloquer l’articulation après avoir vu une technique en ligne peut aggraver une lésion. Les injections et les traitements réalisés sans évaluation médicale présentent aussi des risques et ne conviennent pas à toutes les douleurs tendineuses.
Enfin, réduire la douleur ne signifie pas que la cause est réglée. Un médicament ou une genouillère peut rendre la marche plus facile pendant quelques heures, sans que le tendon, le ménisque ou le ligament soit guéri. Si vous n’arrivez toujours pas à tendre votre genou, si le gonflement persiste ou si la douleur revient dès que vous reprenez vos activités, faites réévaluer la situation.
