L’arthrose du genou ne disparaît pas grâce à un traitement unique, mais la douleur et la gêne peuvent souvent être réduites avec une prise en charge adaptée. Alors, comment soigner l’arthrose du genou au quotidien ? La priorité repose généralement sur une activité physique progressive, le renforcement musculaire et la kinésithérapie, afin de préserver la mobilité et de mieux soutenir l’articulation.
En cas de surpoids, une perte de poids, même modérée, peut aussi diminuer les contraintes exercées sur le genou. Des médicaments peuvent soulager les poussées douloureuses, tandis qu’une canne, des chaussures adaptées ou une genouillère peuvent faciliter les déplacements. Lorsque les symptômes restent importants malgré un traitement bien suivi, un avis spécialisé peut conduire à discuter une intervention chirurgicale, parfois jusqu’à la pose d’une prothèse.
Cet article vous aide à comprendre les solutions possibles, mais il ne remplace pas un diagnostic médical. Consultez rapidement si la douleur devient intense, si le genou gonfle nettement, devient rouge ou chaud, si l’appui est difficile, si la mobilité diminue fortement ou si les symptômes persistent malgré vos efforts. Commençons par les mesures qui forment la base de la prise en charge.
À retenir
- L’activité physique adaptée, le renforcement musculaire et la kinésithérapie forment la base pour mieux soutenir le genou et préserver sa mobilité.
- En cas de surpoids, une perte pondérale progressive peut réduire les contraintes exercées sur l’articulation.
- Les médicaments, les injections, une canne ou une orthèse se choisissent selon vos symptômes et votre état de santé, avec un professionnel.
- Consultez les recommandations sur le traitement de l’arthrose du genou, notamment avant d’envisager une chirurgie.
Avant de soigner l’arthrose du genou, confirmer la cause de la douleur
Avant de chercher comment soigner l’arthrose du genou, il faut vérifier que la douleur provient bien d’une gonarthrose. Un genou douloureux n’est pas automatiquement un genou arthrosique. Une douleur peut aussi être liée à un traumatisme, une lésion méniscale, une tendinite, une bursite, une inflammation, une infection ou une douleur venant de la hanche ou du dos.
Le diagnostic repose donc d’abord sur les symptômes, leur évolution et un examen médical. Cette étape évite de traiter une arthrose supposée alors qu’une autre cause nécessite une prise en charge différente.
Quels symptômes peuvent évoquer une gonarthrose ?
La gonarthrose correspond à une usure progressive du cartilage situé entre les os de l’articulation du genou. Elle apparaît souvent avec l’âge, mais elle peut aussi être favorisée par un ancien traumatisme, une anomalie de l’axe de la jambe, une activité sollicitant fortement l’articulation ou un surpoids.
La douleur est généralement mécanique : elle augmente pendant la marche, les déplacements prolongés, la montée ou la descente des escaliers, l’accroupissement et la reprise d’une activité physique. Elle s’améliore souvent au repos, même si certaines poussées peuvent devenir plus gênantes au quotidien.
D’autres signes sont fréquents :
- une raideur après une période assise ou au réveil, qui s’atténue progressivement avec le mouvement ;
- une gêne pour plier ou tendre complètement le genou ;
- des craquements ou des crépitements lors des mouvements ;
- une sensation de faiblesse, d’accrochage ou de perte de mobilité ;
- un gonflement modéré, parfois lié à la présence de liquide dans l’articulation.
Ces symptômes orientent vers une arthrose, mais ils ne suffisent pas à confirmer le diagnostic. Une douleur du genou après un effort inhabituel, un blocage, une instabilité ou une douleur très localisée peuvent conduire le médecin à rechercher une autre explication. Vous pouvez consulter la page de l’Assurance Maladie sur le diagnostic de l’arthrose du genou pour retrouver les principaux signes décrits par les autorités de santé.
Pourquoi l’examen médical reste indispensable
Lors de la consultation, le médecin vous interroge sur le début de la douleur, les mouvements qui la déclenchent, les traumatismes éventuels et les symptômes associés. Il compare ensuite les deux genoux, observe leur axe, recherche un gonflement, évalue la stabilité et vérifie les amplitudes de mouvement.
L’examen peut aussi orienter vers une douleur provenant des ligaments, des ménisques, des muscles ou d’une autre articulation. C’est pourquoi une radiographie ne doit pas être interprétée seule, sans tenir compte de ce que vous ressentez et de ce que montre l’examen clinique.
Une radiographie du genou, parfois réalisée en charge, peut être demandée lors d’un premier épisode, d’une douleur inhabituelle ou lorsque le médecin souhaite préciser son hypothèse. Elle peut montrer un pincement de l’espace articulaire, des ostéophytes, une condensation de l’os ou d’autres anomalies. L’IRM n’est pas systématique : elle est réservée à certaines situations, notamment lorsque les symptômes ne correspondent pas aux images ou lorsqu’une autre lésion est suspectée.
Une image très marquée ne signifie pas toujours une douleur très intense. À l’inverse, une douleur importante peut exister alors que les lésions visibles restent limitées.
La radiographie aide donc à comprendre l’état du genou, mais elle ne mesure pas à elle seule votre niveau de souffrance. Le traitement se choisit en rapprochant les images, les symptômes et la gêne réelle dans votre vie quotidienne.
Consultez rapidement si la douleur s’aggrave en peu de temps, empêche l’appui ou le sommeil, ou si le genou devient très gonflé, rouge ou chaud. La présence de fièvre, un blocage soudain ou une douleur apparue après un traumatisme nécessitent également un avis médical.
Comment soigner l’arthrose du genou au quotidien ?
Soigner l’arthrose du genou au quotidien ne consiste pas à réparer instantanément le cartilage. L’objectif est plus concret : diminuer la douleur, préserver la mobilité et maintenir votre autonomie. La prise en charge repose surtout sur une activité régulière, un renforcement adapté, une réduction de la sédentarité et, si nécessaire, une perte de poids progressive.
L’activité physique adaptée aide à préserver la mobilité
L’exercice est le traitement de première intention recommandé par la Haute Autorité de santé et les recommandations européennes. Bouger régulièrement aide à entretenir les muscles, à limiter la raideur et à mieux supporter les contraintes du quotidien. Le repos complet prolongé produit souvent l’effet inverse, avec une perte de force et une articulation plus difficile à mobiliser.
Choisissez une activité accessible, que vous pouvez pratiquer sans appréhension :
- la marche à rythme modéré, sur terrain régulier ;
- le vélo ou le vélo d’appartement, en adaptant la résistance ;
- la natation et l’aquagym, grâce à la diminution du poids ressenti dans l’eau ;
- les exercices de mobilité pour plier et tendre doucement le genou ;
- le renforcement des quadriceps, des fessiers et des muscles qui stabilisent la jambe ;
- le travail de l’équilibre, utile pour améliorer la confiance et limiter le risque de chute.
Commencez par des séances courtes, même cinq à dix minutes, puis augmentez lentement la durée ou la fréquence. La fiche de la HAS sur l’activité physique et l’arthrose rappelle que l’activité doit être adaptée à votre état, notamment si vous êtes sédentaire ou en surpoids.
Une gêne légère après l’exercice peut être acceptable si elle disparaît rapidement et ne s’aggrave pas le lendemain. En revanche, une douleur vive, un gonflement important, une boiterie nouvelle ou une gêne qui dure indiquent qu’il faut réduire l’intensité et demander conseil.
Pensez aussi à interrompre les périodes assises : levez-vous et bougez au moins une minute toutes les heures. Une pause active, quelques pas ou des mouvements de cheville suffisent déjà à réduire la sédentarité.
La kinésithérapie construit un programme adapté à votre genou
La kinésithérapie ne se limite pas à une succession de soins passifs. Elle doit vous aider à devenir acteur de votre rééducation, avec des exercices choisis selon votre douleur, votre force, votre mobilité et vos activités habituelles.
Le kinésithérapeute peut travailler plusieurs objectifs :
- renforcer les quadriceps et les muscles qui stabilisent le genou ;
- améliorer l’amplitude pour faciliter la marche, les escaliers ou l’assise ;
- développer la proprioception, c’est-à-dire la perception de la position de votre jambe ;
- corriger certains gestes qui augmentent les contraintes ;
- reprendre progressivement une activité professionnelle, sportive ou de loisirs.
Les exercices appris en séance doivent souvent être poursuivis à domicile. Quelques minutes régulières apportent généralement plus qu’une séance isolée suivie de plusieurs jours sans mouvement. Votre programme peut être ajusté après une poussée douloureuse, une opération, une chute ou une perte importante de mobilité.
Perdre du poids peut réduire la charge imposée au genou
En cas de surpoids, une réduction pondérale peut diminuer les contraintes mécaniques exercées sur le genou et faciliter les déplacements. Un objectif d’au moins 5 % du poids initial est souvent proposé aux personnes concernées, mais ce chiffre n’est pas une obligation universelle ni une promesse de guérison.
Avancez progressivement, sans régime strict ni restriction difficile à tenir. Une alimentation équilibrée, associée à une activité adaptée, permet de construire des habitudes durables. Un médecin, un diététicien ou un professionnel de l’activité physique peut vous accompagner, surtout si la douleur limite vos déplacements ou si vous avez d’autres problèmes de santé.
Adapter ses habitudes sans immobiliser complètement le genou
Pendant une période douloureuse, alternez les activités et les temps de récupération. Limitez temporairement les escaliers, évitez de rester accroupi longtemps, répartissez les charges entre les deux mains et utilisez des chaussures confortables, stables et suffisamment souples.
Un repos relatif peut soulager une poussée, mais l’immobilisation totale favorise la raideur et la fonte musculaire. Continuez donc les mouvements doux, dans une amplitude confortable, sauf indication médicale contraire.
Adaptez aussi votre environnement : installez les objets utilisés régulièrement à bonne hauteur, alternez les tâches debout et assises, et modifiez vos loisirs plutôt que de les abandonner systématiquement. Un poste de travail mieux organisé, des pauses régulières et une reprise graduelle permettent souvent de rester actif sans demander au genou un effort brutal.
Quels médicaments peuvent soulager l’arthrose du genou ?
Les médicaments ne reconstruisent pas le cartilage du genou. Ils peuvent toutefois réduire la douleur et vous aider à rester mobile, en complément de l’activité physique, de la kinésithérapie et de la perte de poids si elle est nécessaire. Le choix dépend de l’intensité des symptômes, de votre âge, de vos antécédents et des autres traitements pris.
Il faut aussi distinguer la douleur habituelle, souvent liée aux mouvements, d’une poussée plus intense avec gonflement ou inflammation. Dans ce second cas, un avis médical peut être nécessaire avant toute automédication.
Le paracétamol peut être utilisé en première intention
Le paracétamol peut être proposé en première intention pour soulager ponctuellement une douleur d’arthrose du genou, notamment lors d’une poussée douloureuse modérée. Il ne traite pas la cause de l’arthrose et son efficacité reste parfois limitée, mais il peut faciliter la marche, le sommeil ou la réalisation des exercices lorsque la douleur devient gênante.
Respectez toujours la notice et les indications données par votre médecin ou votre pharmacien. La dose maximale ne doit jamais être dépassée, même si la douleur persiste. Soyez particulièrement vigilant lorsque vous prenez plusieurs médicaments : certains traitements contre le rhume, la douleur ou les symptômes grippaux contiennent déjà du paracétamol. Les associer sans vérifier leur composition peut provoquer un surdosage involontaire.
Une prudence particulière s’impose en cas de maladie du foie, de consommation importante ou régulière d’alcool, de dénutrition ou de poids faible. Dans ces situations, demandez conseil avant de prendre ce médicament, même s’il est disponible sans ordonnance.
Si la douleur ne diminue pas, si elle revient souvent ou si vous devez prendre du paracétamol plusieurs jours, consultez un professionnel. Augmenter les prises seul ne rend pas le traitement plus efficace et peut exposer votre foie à un risque sérieux. Le paracétamol reste une aide ponctuelle, il ne remplace pas les mesures de fond qui protègent la mobilité du genou.
Les anti-inflammatoires nécessitent des précautions
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS, peuvent être envisagés lors de certaines poussées douloureuses, surtout lorsque le genou est sensible, gonflé ou que la composante inflammatoire semble importante. Ils existent sous forme de gel à appliquer localement ou de comprimés à prendre par voie orale. Leur utilisation doit rester courte, à la dose minimale efficace, et seulement si votre état de santé le permet.
Un gel anti-inflammatoire peut parfois apporter un soulagement local avec une exposition générale moindre qu’un comprimé. Il faut néanmoins respecter la notice, éviter le contact avec les yeux et se laver les mains après l’application. Les AINS par voie orale exposent davantage à des effets indésirables et ne doivent pas être utilisés plusieurs jours sans demander conseil.
Ces médicaments peuvent provoquer ou aggraver :
- des douleurs d’estomac, un ulcère ou une hémorragie digestive ;
- une altération du fonctionnement des reins ;
- une rétention d’eau, une hausse de la tension ou un problème cardiovasculaire.
Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant toute prise si vous êtes âgé, si vous avez déjà eu un ulcère, une maladie rénale ou cardiaque, de l’hypertension, ou si vous prenez un anticoagulant. Des interactions sont possibles avec les anticoagulants, certains traitements de la tension, les diurétiques et d’autres médicaments.
N’associez jamais plusieurs AINS entre eux et ne prolongez pas l’automédication parce que la douleur revient. Un professionnel pourra vérifier les contre-indications, les interactions et la durée adaptée. Les AINS ne conviennent pas à toutes les personnes, même lorsqu’ils ont déjà été bien tolérés par le passé.
Les infiltrations peuvent calmer une poussée, sans réparer le cartilage
Une infiltration consiste à injecter un médicament directement dans l’articulation du genou. Le médecin peut proposer un corticoïde dans certaines poussées douloureuses, notamment lorsqu’un gonflement ou un épanchement accompagne la douleur et que les traitements habituels ne suffisent pas.
Cette solution n’est pas automatique. Toutes les douleurs d’arthrose ne justifient pas une infiltration, et le médecin doit d’abord confirmer l’origine des symptômes. Une articulation rouge, chaude, très gonflée ou douloureuse brutalement peut révéler une infection, une crise inflammatoire ou une autre cause qui nécessite une évaluation rapide.
L’effet des corticoïdes est souvent temporaire. L’infiltration peut créer une période plus confortable pour reprendre les mouvements et les exercices, mais elle ne répare pas le cartilage et ne remplace ni le renforcement musculaire ni la prise en charge du poids. Elle doit être réalisée par un professionnel, dans des conditions d’hygiène strictes, après discussion des bénéfices et des risques.
Si les douleurs persistent après l’infiltration, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre, consultez rapidement.
Genouillère, orthèse et canne : quelles aides choisir pour mieux marcher ?
Une aide technique peut faciliter la marche, réduire l’appréhension et vous aider à rester actif malgré l’arthrose du genou. Elle ne remplace toutefois ni les exercices, ni la kinésithérapie, ni le suivi médical. Le bon choix dépend de la localisation de la douleur, de la stabilité du genou, de vos activités et du confort ressenti.
Une genouillère peut apporter maintien et confiance
Toutes les genouillères n’ont pas le même rôle. Une genouillère de maintien soutient le genou pendant la marche ou une activité légère. Elle peut convenir si vous ressentez une faiblesse, une légère instabilité ou le besoin d’être rassuré dans vos mouvements. Une genouillère de compression exerce une pression régulière autour de l’articulation. Elle peut améliorer la sensation de maintien et limiter certains mouvements inconfortables, à condition d’être bien ajustée.
L’orthèse de décharge répond à une situation différente. Elle est surtout envisagée lorsque l’arthrose fémoro-tibiale touche principalement le compartiment interne ou externe du genou. Son système articulé modifie la répartition des forces pour diminuer la pression sur la zone la plus douloureuse. Ce dispositif, souvent plus rigide, doit être choisi avec l’aide d’un professionnel de santé ou d’un spécialiste de l’appareil locomoteur.
Rassurez-vous, une genouillère peut améliorer le confort ou la sensation de stabilité chez certaines personnes, mais elle ne corrige pas l’arthrose et ne reconstruit pas le cartilage. Elle accompagne la prise en charge, sans la remplacer.
Avant de la porter, vérifiez plusieurs points :
- choisissez une taille adaptée, en suivant les mesures indiquées par le fabricant ;
- recherchez un maintien cohérent avec votre activité, sans immobiliser inutilement le genou ;
- assurez-vous de conserver une liberté de mouvement suffisante ;
- évitez toute compression excessive, surtout derrière le genou ou au niveau du mollet.
Retirez-la et demandez conseil si vous ressentez un engourdissement, une douleur inhabituelle, un gonflement, une irritation ou une modification de la couleur du pied. Une orthèse doit accompagner votre mouvement, pas devenir une source de symptômes supplémentaires.
La canne, les semelles et les chaussures peuvent réduire la gêne
Quand le genou douloureux limite l’appui, la canne peut réduire la charge supportée par l’articulation et rendre la marche plus sûre. Elle se tient généralement du côté opposé au genou douloureux. Si votre genou droit vous fait souffrir, placez donc la canne dans la main gauche. Sa hauteur doit être réglée pour que votre coude reste légèrement fléchi, avec une poignée située à la hauteur du poignet lorsque le bras est le long du corps.
Une canne mal réglée peut provoquer des tensions dans l’épaule, le dos ou le poignet. Un kinésithérapeute, un médecin ou un pharmacien peut vous montrer le bon usage, notamment pour franchir une marche ou vous relever.
Les chaussures jouent aussi un rôle, mais aucune paire ne convient à tout le monde. Privilégiez un chaussage stable, confortable et suffisamment amortissant, avec une semelle qui ne glisse pas. Évitez les chaussures très usées, instables ou trop plates si elles augmentent votre gêne. Des semelles orthopédiques peuvent être proposées lorsque l’appui doit être corrigé ou lorsqu’une surpression semble concerner un compartiment du genou. La HAS présente l’évaluation des orthèses plantaires, mais leur intérêt dépend de votre situation.
Si l’arthrose concerne surtout un côté du genou, une orthèse de décharge peut également être envisagée. Elle nécessite des mesures précises et un réglage professionnel, car un dispositif rigide mal adapté peut gêner la marche au lieu de la faciliter.
Éviter les erreurs fréquentes avec les orthèses
Une orthèse trop serrée n’est pas plus efficace. Elle peut comprimer les tissus, gêner la circulation et provoquer des fourmillements ou une irritation. Respectez les indications de port, contrôlez régulièrement l’état de votre peau et retirez le dispositif pendant les périodes où il n’est pas nécessaire.
Évitez aussi de porter une genouillère en continu sans réévaluer son utilité. Votre besoin peut changer avec le renforcement musculaire, l’évolution de la douleur ou la reprise d’une activité. Un modèle acheté uniquement selon son prix risque également d’être mal adapté à votre morphologie ou au problème rencontré.
Enfin, ne vous servez pas d’une orthèse pour reprendre brutalement la course, les longues randonnées ou les travaux physiques. Une aide technique soutient un programme global, elle ne permet pas d’ignorer une douleur persistante. Si l’orthèse est rigide, si le genou semble mal aligné ou si la douleur reste importante, demandez un avis médical ou spécialisé avant de poursuivre.
Quand envisager une opération du genou ?
La chirurgie n’est généralement pas la première étape pour soigner l’arthrose du genou. Avant d’y penser, le médecin propose habituellement une prise en charge associant activité physique adaptée, renforcement musculaire, kinésithérapie, adaptation du poids si nécessaire et médicaments ou infiltrations selon les symptômes.
Une prothèse de genou, ou une autre intervention, peut être discutée lorsque l’arthrose est très évoluée, que les douleurs restent importantes et que la gêne persiste malgré un traitement médical bien conduit. La décision ne repose pas uniquement sur une radiographie : elle dépend surtout de ce que vous ressentez et de ce que vous ne parvenez plus à faire.
Pouvez-vous encore marcher, monter quelques marches, dormir correctement ou travailler sans douleur excessive ? Si l’arthrose limite fortement ces activités et réduit votre qualité de vie, une consultation spécialisée peut aider à évaluer les solutions possibles. À l’inverse, une radiographie impressionnante ne justifie pas à elle seule une opération si la gêne reste modérée.
Les signes qui doivent conduire à consulter rapidement
Un genou douloureux n’est pas toujours un simple genou arthrosique. Certains symptômes nécessitent un avis médical rapide, surtout lorsqu’ils apparaissent brutalement ou s’aggravent en peu de temps.
Consultez rapidement si vous observez une douleur qui augmente brutalement, sans effort clairement responsable ou après un mouvement banal. Une douleur nocturne inhabituelle, qui vous réveille alors qu’elle n’existait pas auparavant, mérite également d’être signalée. Ces changements ne correspondent pas forcément à l’évolution habituelle d’une gonarthrose.
Soyez aussi attentif à l’aspect du genou. Un genou fortement gonflé, rouge ou chaud peut traduire une inflammation importante, une crise liée à des cristaux, un traumatisme ou une infection. Une raideur matinale qui dure plus de 15 minutes, surtout si elle s’accompagne d’autres articulations douloureuses ou d’un état général inhabituel, doit être évaluée par un professionnel.
D’autres situations ne doivent pas attendre une consultation ordinaire :
- vous avez de la fièvre en même temps qu’un genou très rouge, chaud et douloureux ;
- vous ne parvenez plus à prendre appui sur la jambe ;
- vous êtes soudainement incapable de marcher ;
- la mobilité diminue rapidement, avec une difficulté nouvelle à plier ou à tendre le genou ;
- le genou se bloque, se dérobe ou devient très douloureux après une chute ou un choc.
En cas de fièvre associée à un genou très rouge, chaud et douloureux, consultez en urgence. Une impossibilité soudaine de marcher ou de prendre appui justifie également une évaluation immédiate, notamment si elle survient après un traumatisme.
Lorsque ces signes sont absents, mais que la douleur et la limitation fonctionnelle persistent malgré plusieurs mesures correctement suivies, prenez rendez-vous avec votre médecin. Il pourra vous orienter vers un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste, selon votre situation.
Le parcours commence par une consultation spécialisée et un bilan clinique et radiologique. Le professionnel examine votre mobilité, votre axe du membre, votre stabilité, votre niveau de douleur et l’impact sur vos activités. Vous discutez ensuite des bénéfices attendus, des risques, des autres options et de vos objectifs personnels.
Si une intervention est retenue, la préparation peut inclure une amélioration de la force musculaire, une vérification de votre état de santé, des conseils sur le retour à domicile et l’organisation de la rééducation. Après l’opération, la récupération dépend de nombreux facteurs, dont votre âge, votre condition physique, le type d’intervention et votre investissement dans la rééducation. Aucun délai ne peut être garanti pour tout le monde.
Questions fréquentes sur l’arthrose du genou
Même après avoir découvert les principaux traitements, certaines questions restent souvent sans réponse. Voici les situations les plus courantes pour mieux adapter vos gestes, vos activités et votre suivi médical.
Peut-on continuer à marcher avec une arthrose du genou ?
Oui, la marche reste généralement possible en dehors des poussées douloureuses, à condition d’adapter la durée, le rythme et le terrain. Commencez par des trajets courts, portez des chaussures stables et augmentez progressivement l’effort selon la réaction de votre genou.
Une douleur légère après l’activité peut être tolérée si elle diminue rapidement. En revanche, une douleur qui s’intensifie, un gonflement important ou une boiterie nouvelle doivent vous conduire à ralentir et à demander conseil.
Faut-il appliquer du chaud ou du froid sur le genou ?
Le froid peut aider pendant une poussée avec gonflement ou sensation de chaleur. Placez une poche froide enveloppée dans un linge pendant quelques minutes, sans la poser directement sur la peau.
La chaleur convient davantage à une raideur sans gonflement marqué. Une douche chaude ou une compresse tiède peut détendre les muscles et faciliter les premiers mouvements. Si vous hésitez entre les deux, observez la réaction de votre genou et privilégiez la solution qui vous soulage sans irriter la peau.
Combien de temps dure une poussée d’arthrose du genou ?
Il n’existe pas de durée identique pour toutes les poussées. Elle dépend de l’intensité de l’inflammation, de l’activité réalisée, de l’état général du genou et de la réponse au traitement.
Pendant cette période, privilégiez un repos relatif : réduisez les escaliers, les stations debout prolongées, les courses et le port de charges lourdes, sans immobiliser complètement la jambe. Si la douleur ne s’améliore pas, s’aggrave rapidement ou s’accompagne de fièvre, de rougeur ou d’une chaleur importante, consultez rapidement.
Peut-on faire des exercices quand le genou est douloureux ?
Oui, mais il faut distinguer une gêne modérée d’une véritable poussée congestive. Lorsque le genou est très gonflé, chaud et douloureux, évitez temporairement les exercices qui sollicitent l’articulation et demandez un avis médical si les symptômes sont importants.
En dehors de cette phase, les mouvements doux, les étirements et le renforcement progressif restent utiles. La fiche de la HAS sur l’activité physique et l’arthrose recommande de reprendre progressivement les activités, même si une gêne persiste, en ajustant l’intensité à votre tolérance.
Les compléments alimentaires peuvent-ils réparer le cartilage ?
Aucun complément alimentaire ne permet de reconstruire avec certitude le cartilage détruit par l’arthrose. La glucosamine, la chondroïtine, le collagène ou certains produits à base de plantes peuvent être proposés, mais leur efficacité varie et leurs interactions avec vos médicaments ne sont pas toujours négligeables.
Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer une cure, surtout si vous prenez un anticoagulant, si vous avez une maladie chronique ou si vous suivez plusieurs traitements. Ne remplacez pas la kinésithérapie, l’activité physique ou les soins prescrits par un complément dont l’efficacité n’est pas établie pour votre situation.
Pourquoi avoir mal alors que la radiographie paraît peu inquiétante ?
La radiographie montre surtout l’état des structures osseuses et l’espace articulaire, mais elle ne mesure pas directement votre douleur. Le niveau de souffrance dépend aussi de l’inflammation, des muscles, des ligaments, de la sensibilité de l’articulation et des contraintes imposées au quotidien.
À l’inverse, une radiographie très marquée peut s’accompagner d’une gêne limitée. Le médecin rapproche donc toujours les images de vos symptômes et de vos capacités réelles. La recommandation de la HAS sur l’imagerie des douleurs du genou rappelle que l’examen à réaliser dépend du contexte clinique.
Conclusion
Comment soigner l’arthrose du genou ? La réponse repose sur une prise en charge progressive et personnalisée, plutôt que sur un traitement unique. Bouger régulièrement, renforcer les muscles qui soutiennent l’articulation et limiter la sédentarité permettent de préserver la mobilité et de mieux gérer les douleurs au quotidien. En cas de surpoids, une perte de poids progressive peut aussi réduire les contraintes exercées sur le genou.
Les médicaments peuvent compléter cette stratégie, mais ils doivent être utilisés avec prudence, à la dose adaptée et pendant la durée nécessaire. Une canne, des chaussures appropriées ou une genouillère peuvent faciliter les déplacements, à condition de choisir l’aide technique selon vos symptômes, votre stabilité et vos activités. Leur intérêt doit être réévalué si votre gêne évolue.
L’objectif n’est pas de promettre une guérison définitive, mais de réduire la douleur, conserver vos capacités et maintenir votre autonomie. Si la douleur persiste, si la gêne devient importante ou si le genou gonfle, rougit, chauffe, se bloque ou ne permet plus l’appui, consultez un médecin ou un autre professionnel de santé pour adapter la prise en charge.

